REGIONAL

Projet Opération Acacia (POA)

MM_NGARA

Programme de NGARA - Ouganda

ACACIAGOMME

NATIONALE

Projet d'Alimentation pour les Actifs (Kenya)
Renforcement des capacités de ENNDA (Kenya)

AUTRES INFO SUR LES PRODUITS 

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Pays

NIGER

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NIGER
PRESENTATION DU NIGER 

1.1. Climat – Sols – Végétation 
1. Le Niger couvre une superficie de 1.267.000 km2 dont 500 000 km2 sont déserts (Ténéré et Tall). Il repose sur des sédiments continentaux fortement aplanis par l’érosion. Caractérisé par de basses altitudes (200 à 500 m), le relief est marqué par des massifs montagneux très anciens au nord-Ouest (massifs de l’Aïr). Plus au sud, en allant d’ouest en est, les plateaux de l’Ader Doutchi maggia, du Damagaram, du Damergou et du Koutous modèlent quelque peu le paysage, qui se termine par des vastes plaines sableuses du manga, jusqu’au lit du lac Tchad. 

2. Le climat est de type continental sahélien, marqué par deux saisons bien distinctes : une saison pluvieuse de juin à septembre et une saison sèche d'octobre à mai. L'harmattan, vent continental de Nord-est chaud et sec, souvent chargé de sable, souffle pendant la saison sèche ; la mousson, vent de Sud-ouest, maritime et humide souffle pendant la saison des pluies. Les températures sont en permanence élevées à l’exception de la zone désertique où les variations thermiques sont relativement importantes. Le maximum d'humidité relative est atteint au mois d'août et le minimum en février. 

3. Les sols généralement sablonneux présentent une carence généralisée en matière organique et en phosphore ; une baisse continue de la fertilité ; une tendance à l'acidification ; une faible capacité de rétention en eau et une sensibilité à l'érosion hydrique et éolienne. Par ailleurs, une tendance à l’alcalisation et à la salinisation est observée au niveau des cuvettes et périmètres hydro-agricoles. 

4. Au point de vue végétation, le gradient d’aridité décroissant du nord au sud détermine quatre grandes zones présentant quatre types de milieux distincts qui matérialisent des bandes orientées est-ouest dont les deux dernières (sahélienne et soudano-sahélienne) abritent plus de 80% de la population du Niger. Il s’agit de: 
a) la zone saharienne (- 200 mm de pluie par an) occupe 620 000 km2, soit 48% du territoire. Les milieux sahariens sont caractérisés par une steppe arbustive discontinue. Des boisements particulièrement denses à acacia et palmier doum (Hyphaene thebaica) se rencontrent le long des cours d’eau (koris) et dans les zones d’épandage. 

b) la zone sahélo-saharienne (200 – 350 mm) s’étend sur 350 000 km2, soit 28% du territoire. Les milieux sahélo-sahariens sont dominés par des pseudo-steppes. Acacia raddiana, Acacia senegal, et Commiphora africana se rencontrent sur les substrats sableux qui recouvrent la plus grande partie du sahel nigérien, tandis que Acacia nilotica, Balanites aegyptiaca, Maerua crassifolia, etc. s’accommodent sur les sols limono-argileux des dépressions. 

c) la zone sahélienne (350 – 500 mm) couvre 200 000 km2, soit 16% du territoire. Les milieux sahéliens sont dominés par une végétation qui prend la forme d’une savane arbustive où dominent Acacia albida, Acacia senegal, Borassus aethiopium, Hyphaene thebaica, Combretum glutinosum, etc…Ces milieux sont à vocation agro-pastorale et se caractérisent par une forte densité de population. 

d) la zone soudano – sahélienne (550 – 600 mm) occupe environ 100 000 km2, soit 8% du territoire. Les milieux soudano-sahéliens comportent une couverture forestière de savanes arborées composées essentiellement des Combretacées et les espèces à valeur économique relativement plus importante comme Butyrospermum parkii, Parkia biglobosa, etc. 

5. Le Niger renferme plusieurs biotopes riches d’une biodiversité exceptionnelle, représentée par environ 3 200 espèces animales et végétales. Il abrite les derniers spécimen de girafes de l’Afrique de l’Ouest et, à travers son réseau d’aires protégées et de zones humides (Parc National du W, Réserve Naturelle Nationale de l'Aïr et du Ténéré, Termit, Tadress, Gadabeji, Fleuve Niger etc..), de nombreuses espèces de mammifères et d'oiseaux, d'importance internationale. 

6. Au point de vue démographique, la population du Niger, majoritairement jeune (plus de 50%), est estimée à environ 13 millions d’habitants en 2006 avec un taux de croissance annuelle de 3,3% (RGP/H, 2001). Le Niger est l’un des pays les plus pauvres du monde avec un PIB par habitant de 280 $US. En 2006, il s’est classé 174ème sur 177 pays, relativement à l’Indice du Développement Humain des Nations Unies. 

1.2. Economie du Niger 

7. Le Niger reste un pays agraire. La population est à 85% engagé dans le secteur primaire. Les activités agricoles, pastorales, forestières et piscicoles traditionnelles représentent 40 % du PIB. Le secteur traditionnel dans son ensemble (qui comprend aussi les activités commerciales, artisanales et minières informelles) représente environ 75% du PIB total. Le secteur moderne ne représente alors que 25% du PIB, dont 6% pour le secteur minier et seulement 7% pour le secteur manufacturier. Le principal produit d’exportation est l’uranium, suivi par le bétail, les oignons, le niébé, et l’or. Les quatre premiers produits représentent ensemble 75% des exportations de biens au Niger. 

8. Les exportations des services sont assurées par le tourisme qui dépend très fortement des ressources naturelles du pays. En effet, le Niger dispose d’une importante richesse en ressources historiques, culturelles et naturelles. Les deux grandes destinations sont Agadez pour l’aventure et le tourisme culturel et « la région du fleuve », qui va d’Ayorou à Gaya et couvre Niamey et le Parc du W pour le tourisme de vision. Les arrivées totales sont estimées à 66 000 en 2006, mais le nombre de touristes de loisir est beaucoup plus bas. Agadez accueillait environ 15 000 touristes par an dans les années 90, avant la rébellion, mais le retour à ce niveau est certainement retardé par les troubles récents au nord. Il existe seulement quatre hôtels à Niamey considérés de niveau international, ainsi qu’un autre Parc du W, et à Agadez. Notons qu’il existe bien d’autres hôtels moyens pour la satisfaction des besoins de logements des touristes. 

9. Le secteur de l’artisanat de l’art est marginal en termes de gains en devises, mais son effet sur l’emploi est considérable, puisqu’on estime à 42 000 le nombre de personnes tirant tout ou une partie de leurs revenus de la confection et de la vente des produits de l’artisanat. Le secteur a bénéficié d’un important programme de soutien, mais un facteur crucial manque : un intermédiaire en marketing, capable de lier un large réseau d’artisans aux exigences des marchés d’export qui évoluent constamment, d’obtenir de crédit bancaire et de matières premières à l’étranger, et de fournir à ses artisans des avances. Une telle capacité commerciale pourrait être créée en attirant un ou plusieurs investisseurs stratégiques, ou bien pourrait être intégrée dans la structure existante du GIE DANI, auquel cas il faudrait procéder à une réorganisation fondamentale pour donner au système une orientation plus commerciale. 1.3. Contribution des principaux secteur à l’économie nationale 

10. Après l’or et l’uranium, l’essentiel des exportations du Niger est concentré dans le secteur agro-sylvo-pastoral. Le pays possède un potentiel important des capacités de produire et d’exporter une gamme plus large de produits. C’est dans ce cadre qu’une approche filière a été adoptée en vue de promouvoir les exportations des produits agro-sylvo-pastoraux. 1.3.1. Exportations des produits pastoraux 

11. Malgré un environnement naturel austère marqué par un régime climatique à pluviométrie faible, et une tendance à l’aridité, l’espace agropastoral du Niger reste vaste et diversifié et renferme un potentiel important de bétail. Au dernier recensement de la population animale en 2006, le Niger compte 7,3 millions de bovins, 9,2 millions d’ovins et 11,2 millions de caprins et des effectifs importants des asins et des camelins (EDIC, 2008). 

12. Le tableau n°1 ci-dessous montre que les exportations pour chacune des trois espèces animales principales (bovins, ovins et caprins) ont évolué en « dents de scie » entre 1996 et 2005 tenant compte du croit naturel des espèces, mais aussi des incitations économiques comme ce fut le cas en 1999-2000 lors de l’augmentation très forte de la demande du Nigeria, et aux effets de la crise alimentaire, comme en 2000-2001. Dans chaque cas, le bétail est fortement déstocké et par effet inverse, l’année qui suit est marquée par une reconstitution du stock, donc une diminution des mises en vente et des exportations. Il ressort de ce tableau une baisse des exportations officielles à partir des années 2002/2003, baisse qui serait principalement due à la perception de l’acompte BIC de 5% au niveau du cordon douanier pour les commerçants qui n’étaient pas inscrits au régime de l’impôt sur les bénéfices. 

13. Le tableau n°2 ci-dessous précise davantage que les valeurs exportations pour chacune des trois espèces animales principales (bovins, ovins et caprins) ont évolué en « dents de scie » entre 1996 et 2005 tenant compte du volume des exportations des animaux sur pieds et des mesures fiscales en vigueur. Le tableau n°3 ci-dessous permet de constater que les valeurs des exportations d’animaux vivants et des cuirs et peaux du Niger varient sensiblement selon les sources. En effet, les données de INS (Institut National des Statistiques) et les données des Douanes ne tiennent pas compte des exportations informelles, alors que la BCEAO et le MRA ajustent leurs données pour en tenir compte au meilleur de leurs estimations. Les données ajustées de la BCEAO et celles du MRA s’inscrivent dans le même ordre de grandeur. Selon les données ajustées de la BCEAO, les exportations d’animaux vivants du Niger en 2006 se chiffrent à 48,6 milliards CFA, alors que ces valeurs sont estimées à un peu plus de 35 milliards pour les campagnes 2006 et 2007 (selon les données INS rapportées dans EDIC, 2008). 

Tableau 1: Evolution de la quantité des animaux sur pieds et peaux et cuirs exportés (en kg)

Cumul de 

 Produits

1998-1999

2000-2001

2002-2003

2004-2005

2006-2007

Total

Bovin

46 166 106

69 385 073

40 445 015

36 293 479

42 996 067

235 285 740

Ovin/caprin

35 656 219

63 092 313

37 795 988

21 657 202

25 108 980

183 310 702

Camelin

9 814 199

12 280 584

9 290 336

5 340 549

6 665 390

43 391 058

Peaux et cuirs

1 997 765

1 418 102

1 077 068

1 292 080

1 036 405

6 821 420

Total

93 634 289

146 176 072

88 608 407

64 583 310

75 806 842

468 808 920

Extrait de EDIC, 2008

Tableau n°2 : Evolution des valeurs des exportations pastorales et produits dérivés

Cumul de 

 

Produits

1998-1999

 

 

2000-2001

2002-2003

 

2004-2005

 

2006-2007

 

Total

 

Bovin

16 843 229 691

27 147 416 346

20 415 480 009

20 552 931 751

19 228 692 019

104 187 749 816

Ovin/caprin

15 148 074 691

33 640 449 845

24 892 446 712

16 003 861 015

12 928 342 432

102 613 174 695

Camelin

3 294 244 000

4 381 735 000

4 241 654 304

3 551 494 676

2 278 945 004

17 748 072 984

Peaux et cuirs

857 829 890

888 354 283

823 720 383

902 635 489

568 222 221

4 040 762 266

Total

36 143 378 272

66 057 955 474

50 373 301 408

41 010 922 931

35 004 201 676

228 589 759 761

 

 

Extrait de EDIC, 2008

14. Il faut noter que les données de l’INS comprennent les exportations de cuirs et peaux pour un montant variant entre 400 et 500 millions CFA selon les années et pour les données de la BCEAO, il s’agit des exportations ajustées telles qu’elles apparaissent à l’annexe 4 du rapport de la BCEAO sur la balance des paiements et la position extérieure globale du Niger (le plus récent date de mars 2007). 

Tableau n°3 : Valeurs des exportations pastorales du Niger selon les sources (milliards FCFA) 

Sources

Année

INS*

Douanes

BCEAO**

DES/PA/MRA

2002

27,4

27,1

36,7

38,4

2003

26,7

25,9

33,3

29,1

2004

22,5

22,4

26,8

N/D

2005

19,8

19,3

31,8

N/D

2006

21,2

21,6

48,6

N/D

 Sources: INS, DGD, BCEAO, MRA (Extrait de EDIC, 2008)

1.3.2. Exportations des produits agro-sylvicoles 

15. Les exportations agricoles comprennent cinq filières dites prioritaires pour le Niger. Il s’agit de l’oignon, du niébé, du sésame, du souchet et de la gomme arabique. Les tableaux n° 4 et n°5 ci-dessous donnent une estimation de leurs exportations ainsi que les valeurs financières y afférentes pour la période 1998-2006. Le tableau n°4 montre que l’oignon est de loin le produit agricole le plus exporté, suivi du niébé et du souchet. La gomme arabique, le seul produit issu des forêts nigériennes se classe en dernière position selon les données extraites de EDIC, 2008. La valeur brute estimée des cinq filières d’exportation en question est présentée dans le tableau n°5. Il ressort de ce tableau que l’oignon représente un peu plus de la moitié (+50%) de la valeur des exportations de ces cinq filières et le niébé représente 30 à 40% des exportations totales. Les trois autres filières sont moins importantes, mais, elles ont un fort potentiel d’expansion (comme c’est le cas du sésame). Bien que ces résultats ne soient que des estimations, ils montrent que les deux filières les plus importantes à l’heure actuelle offrent aussi les meilleures capacités de croissance des recettes d’exportation. 

16. Il faut noter que les informations sur les filières dites prioritaires ne sont pas bien cernées (voir tableau n°6 sur les exportations de la gomme arabique et tableau n°3 sur les valeurs des exportations des animaux vivants), ce qui fait la maîtrise des données des différentes filières d’exportations du Niger reste encore une grande préoccupation pour les services de statistiques et un handicap certain à l’économie du Niger à cause du secteur informel très développé. 

Tableau n°4: Evolution de la quantité des produits exportés (en kg) 

Cumul de :

Produits

1988-1999

2000-2001

2002-2003

2004-2005

2006-2007

Total

Oignon

105 880 249

101 481 740

94 888 253

170 017 230

106 643 453

578 910 925

Niébé

34 777 262

44 324 893

14 648 323

16 565 175

12 035 843

122 351 496

Sésame

305 974

1 443 596

1 133 095

361 950

444 335

3 688 950

souchet

11 564 647

17 244 153

8 069 603

4 143 725

7 284 574

48 306 702

G. arabique

162 020

82 000

58 040

85 900

72 531

460 491

Total

152 690 152

164 576 382

118 797 314

191 173 980

126 480 736

753 718 564

Extrait de EDIC, 2008

Tableau n°5: Evolution de la valeur des produits exportés (en FCFA)

Cumul de 

 

Produits

1998-1999

2000-2001

2002-2003

2004-2005

2006-2007

Total

Oignon

25 761 591 894

20 244 281 328

25 717 713 545

28 403 648 841

18 593 541 489

118 720 777 097

Niébé

8 380 763 923

13 767 575 056

4 044 746 816

3 741 694 044

1 835 989 338

31 770 769 177

Sésame

51 852 743

291 149 500

231 149 500

86 066 500

80 846 500

741 064 743

souchet

1 519 955 600

3 474 862 767

1 624 379 045

735 343 300

924 169 213

8 278 709 925

G.arabique

32 000 000

12 400 000

11 615 000

17 180 000

14 509 500

87 704 500

Total

35 746 164 160

37 790 268 651

31 629 603 906

32 983 932 685

21 449 056 040

159 599 025 442

Extrait de EDIC, 2008

1.3.3. Principales destinations 
17. Il n’existe vraisemblablement pas des données compilées sur les pays importateurs des produits agro-sylvo-pastoraux en provenance du Niger. Néanmoins, on sait que les exportations vers le Nigeria représentent plus de 90% des exportations de bétail. Ce pays est le marché naturel du Niger vu sa proximité, son immense population (plus de 130 millions), et les liens historiques et ethniques entre les deux pays qui ont créé des liens commerciaux durables.

18. Le marché nigérian représente un vaste marché car ses besoins de consommation en viande ne sont couverts qu’à 61% par la production nationale. Cependant, il pratique une interdiction officieuse des importations de viande rouge liée à sa volonté de développer sa propre production de viande et son réseau de tanneries au Nord, en important plutôt de bétail sur pied du Niger. 

19. Le marché de la Côte d’Ivoire présente également de nouvelles perspectives vu : (i) l’état de dégradation du secteur de l’élevage dans le Nord du pays depuis 2002, (ii) la politique de protection communautaire (TEC) de l’UEMOA et de la mise en place d’un prélèvement compensatoire sur les viandes extra africaines qui sont des facteurs d’amélioration de la compétitivité des exportations sahéliennes dont celles du Niger et, (iii) les perspectives d’une paix durable qui s’ouvrent entre les frères ivoiriens.

20. La demande de la Libye porte surtout sur les ovins et les camelins. En 2002, les chiffres de la douane indiquaient 5 000 ovins et 2 700 camelins, mais en réalité le commerce avec la Libye est beaucoup plus important (plusieurs dizaine de milliers de chameaux). Ce commerce d’exportation du bétail vers la Libye (et l’Algérie) est confronté par des charges élevées liés au transport et au convoyage des animaux. Néanmoins, selon une étude de 2005 , la marge brute de l’exportateur de camelins en Libye demeure attrayante et s’établit à 22%. Les coûts du transport aérien et de la logistique de la chaîne de froid handicapent les exportations vers le Gabon et les autres pays d’Afrique du Sud. 

21. Les principaux pays importateurs des produits agro-sylvo-pastoraux du Niger sont répertoriés dans le tableau n°6 ci-dessus pour la période 1995-2004. Il ressort de ce tableau que les produits agro-sylvo-pastoraux du Niger sont exportés vers beaucoup de pays africains, mais aussi vers l’Asie, l’Amérique du Nord, l’Europe et le Moyen Orient. 

Tableau n°6: Destinations des exportations des produits agro-sylvo-pastoraux

Région

Pays

Les exportations

Agricole

Pastorales

 

Afrique

Algérie

 

Camelins

Côte d’Ivoire

Oignon

-

Ghana

Oignon, Niébé

-

Nigeria

Niébé

Bovins, Ovins, Caprins

Libye

-

Camelins, Ovins

Gabon

-

Ovins - Bovins

Asie

Japon

Sésame, gomme arabique

-

Corée du Sud

Sésame

-

Amérique du Nord

USA

Sésame, Souchet

-

Europe

 

Europe des 15

 

Sésame

Gomme arabique

-

Moyen-Orient

Égypte

Sésame

-

Israël

Sésame

-

Turquie

Sésame

-

Arabie saoudite

Sésame

-

 Extrait de EDIC, 2008 

SECTEUR FORESTIER 

2.1. Contribution du secteur forestier à l’économie nationale 

22. La part du secteur forestier dans le PIB a été, depuis des décennies, estimée à 4%. Ce chiffre est nettement en deçà de la réalité, car ne reflète pas l'importance économique, sociale et environnementale des forêts, dans la mesure où ce prend ne prend pas en compte l'utilisation des arbres pour l'agriculture, le pâturage, la consommation rurale de bois de chauffe et de service et la contribution à l'économie des ménages ruraux et à la sécurité alimentaire des produits de cueillette. Les études conduites en 2001 estiment la contribution au PIB du secteur forestier à 9,25% (CNEDD, 2001) et celle de la gomme arabique est évaluée à environ 0,6%. La part du sous-secteur gomme arabique est à notre avis très sous-estimée, compte tenu du nombre des acteurs impliqués dans les différents segments de la filière et des chiffres d’affaire réalisés chaque année.

23. Les études réalisées il y a plus d’une vingtaine d’année (1982) estiment le potentiel forestier naturel à 16 millions d'hectares, dont la productivité très faible, se situe entre 0,1 à 1,5 stères/ha/an. Les formations forestières exploitées pour le bois-énergie (environ quatre millions d’hectares) fournissent près de 90% des besoins soit 3 millions de tonnes par an. Le « bilan bois-énergie » établi il y’a dix ans, indiquait déjà que certaines régions du pays étaient déficitaires. 

24. Habitats de la faune, sources d’énergie, d’aliments et de stabilité de l’environnement, les forêts et les aires de conservation (aires protégées) sont sujettes à des menaces sans précédent, du fait des sécheresses récurrentes et surtout, des défrichements agricoles, de l’exploitation abusive de bois de feu et produits forestiers non ligneux (PFNL), des feux de brousse etc. Les produits forestiers ligneux (bois de chauffe, de construction et de service) et non ligneux (feuilles, fruits, amendes, racines, écorce, fleurs, gomme et résines), malgré l'absence de données statistiques fiables, représentent une part importante dans l'alimentation humaine et animale, particulièrement en milieu rural, et constituent une source non négligeable de revenus des populations rurales. En effet, le revenu tiré de la commercialisation des produits forestiers non ligneux comme la gomme arabique est estimé à près du tiers de revenus extra agricoles des ménages ruraux. 

25. La forêt nigérienne est très diversifiée et participe beaucoup dans l’alimentation humaine et des animaux. En effet, 210 espèces végétales contribuent directement à l’alimentation humaine, particulièrement pendant les périodes de disette et de famine ; 235 espèces sont consommées par le bétail ; 270 sont utilisées en pharmacopée traditionnelle ; 127 espèces dans l'artisanat et l’habitat. 2.2. Politiques nationales et législation en matière des forêts et de la gomme arabique 

26. Au regard de la pauvreté grandissante des populations et la dégradation continue des ressources naturelles, des nouvelles orientations et stratégies ont été élaborées suite à la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement Durable (Rio de Janeiro, 1992). Ainsi, le Niger a élaboré et adopté plusieurs politiques, plusieurs stratégies et lois réglementant le développement et la gestion rationnelle des ressources naturelles en général et celles relatives aux forêts et à la gomme arabique en particulier. Il s’agit notamment de: - La loi n°98-56 du 29 décembre 1998 portant Loi Cadre Relative à la Gestion de l’Environnement ; - Le décret 2003-196-PRN-MHE-LCD du 24 juillet 2003 portant adoption du document de Stratégie Nationale de Relance de la Production et de la Commercialisation de la Gomme Arabique au Niger ; - La loi n° 2004-040 du 18 juin 2004 portant régime forestier au Niger qui innove sur le domaine forestier des collectivités, le droit de propriété privée des forêts, la concession rurale et la prise en compte des produits forestiers non ligneux. - Le décret 2006-291-PRN-MHE-LCD du 05 octobre 2006 portant adoption du Plan d’Action de la Stratégie du Développement Rurale. 

27. Les documents de stratégies, de programmes et des plans d’action élaborés par le Gouvernement du Niger pour faire du secteur agro-sylvo-pastoral le moteur de l’économie nationale, comprennent : - La Stratégie du Développement Accélérée et Réduction de la Pauvreté (SDRP) ; - La Stratégie du Développement Rural (SDR) ; - La Stratégie Nationale et Plan d’Action pour la Diversité Biologique (SNDB); - Le Plan National de l’Environnement pour un Développement Durable (PNEDD) ; - Le Programme d’Action National de Lutte Contre la Désertification et la Gestion des Ressources Naturelles (PAN-LCD/GRN), un instrument de mise en œuvre du PNEDD; - Le Plan d’Action à Moyen Terme (PAMT) adopté en 2005 au sortir de la consultation sectorielle sur l’environnement et la lutte contre la désertification et qui constitue la traduction au plan opérationnel, pour la période 2006-2011, des orientations, axes stratégiques et programmes de la SDR en matière d'Environnement et de Lutte Contre la Désertification. 

2.3. Organisation du secteur forestier et de sous-secteur gomme arabique 

28. L’intéressement des privés au secteur forestier s’est assez tôt manifesté par la constitution de véritables « corps de métier » d’exploitants et revendeurs de bois regroupés au sein de l’Association Nationale des Exploitants de Bois (ANEB) dans les centres urbains. Il s’est plus tard traduit (début des années 80) par l’émergence de producteurs de bois (bois privés), de pépiniéristes privés etc. 

29. Aussi, les premières tentatives d’organisation des filières gomme arabique au Niger remontent aux années 1960 avec l’avènement de la Copro-Niger, une société d’Etat qui avait le monopole de la commercialisation et l’exportation de la gomme arabique. Avec le démantèlement de cette société d’Etat, suite à la crise économique qui secoue encore le Niger, aucune autre structure n’a été mise en place pour poursuivre cette activité de collecte et de la commercialisation de la gomme arabique. Les filières gomme arabique étaient complètement laissées à l’initiative des petits commerçants/collecteurs qui approvisionnent les marchés locaux pour des besoins locaux de consommation courantes. 

30. Depuis 2000, le regain d’intérêt pour la relance de la gomme arabique a mobilisé un privé de plus en plus nombreux pour les plantations et l’exploitation de la gomme arabique regroupé au sein de l’Association Nationale des Professionnels de la Gomme Arabique (ANGA). L’assouplissement de la réglementation forestière et les perspectives offertes par le code rural sont de nature à renforcer et soutenir un tel mouvement que l’Etat se doit de canaliser et appuyer à travers le programme gommier. 

2.3.1. Rôle de l’Etat dans la promotion des organisations des producteurs 

31. Axe majeur de la Stratégie du Développement Rural (SDR), « la structuration des filières » autour d’organisations interprofessionnelles, de cadres de concertation et de renforcement des capacités des opérateurs économiques permettrait, à l’ensemble des acteurs de mieux identifier les opportunités de marché et de coordonner leurs interventions. Dans le domaine de l’Environnement, la structuration des filières revêt deux objectifs essentiels: d’une part, celui de valoriser au mieux les opportunités qu’offre la cueillette des produits naturels en terme de revenus, et d’autre part, d’inciter les opérateurs à investir dans les aménagements modernes des ressources naturelles (gestion des gommeraies naturelles et des plantations avec des variétés plus productives de provenance Kordofan). 

32. Dans le cadre du renforcement des capacités, plusieurs projets et programmes sur financement nationales ou avec le soutient des autres partenaires, ont appuyé le volet « organisation et formation des acteurs » de la gomme arabique. Ainsi, avec l’appui du programme gommier (Budget National), du Projet d’Aménagement des Forêts Naturelles (PAFN), du Projet de Promotion des Exportations Agropastorales (PPEAP/BM), du Projet Opération Acacia (Italie/FAO), du Programme Bio-carbone (PAC/BM), et du DAP/PNEDD, il a été réalisé depuis 2000: 

  • la mise en place de l’association nationale des professionnelles de la gomme arabique (ANGA) ;
  • la mise en place de 20 structures locales de gestions des gommeraies naturelles et formation de 200 personnes membres;
  • l’appui à la mise en place de 3 comptoirs gomme arabique et la formation des membres de leur comité de gestion ;
  • la formation de 2 500 personnes (cadres et producteurs) sur les thèmes suivants
    • o systématique des acacias gommiers ;
    • caractéristiques générales des gommes et des résines ;
    • saignée, récolte et entreposage de la gomme arabique.
  • le suivi régulier de la production et de la commercialisation de la gomme arabique au niveau de 10 marchés hebdomadaires depuis la campagne 2002/2003 ;
  • l’appui-conseil aux planteurs privés ou associations au nombre d’environ 40 totalisant plus de 4 000 hectares destinés aux plantations de gommier. Un répertoire de tous les producteurs privés est édité et disponible au niveau de la Coordination du Point Focal NGARA.
2.3.2. Rôle de l’Etat dans la promotion du secteur privé 

33. Le rôle de l’Etat dans la promotion du secteur privé a été affirmé dans la déclaration de politique nationale de promotion du secteur privé adoptée par décret n°97-130/PRN/MC du 17 mars 1997 et les politiques définies dans le document cadre de politique économique et financière. La stratégie en matière de commerce s’inscrit dans le cadre de la stratégie globale qui repose sur les principes essentiels suivants : 

  • l’économie du marché comme base de la production et des échanges des biens et services ;
  • la suppression des monopoles d’Etat et la libre concurrence dans tous les secteurs de l’économie ;
  • le désengagement de l’Etat de secteurs productifs et concurrentiels
  • la privatisation des entreprises publiques ;
  • l’adhésion au processus d’intégration régionale. 
34. La stratégie globale du programme-cadre national de promotion du secteur privé vise la modernisation et la relance des activités économiques du secteur privé à travers notamment :
  • l’amélioration continue de l’environnement institutionnel, juridique, judiciaire et fiscal ;
  • l’encadrement du secteur informel en vue de son insertion progressive dans le secteur moderne ;
  • la promotion d’un secteur privé national capable de développer un partenariat véritable avec les investisseurs étrangers et les
  • la création des conditions d’une saine concurrence et de la compétitivité des entreprises ;
  • la promotion des exportations ;
  • la redynamisation des institutions de financement et la création des nouveaux instruments de crédit ;
  • la création
35. La promotion du secteur privé a été aussi clairement exprimée dans le document de la Stratégie du Développement Accéléré et de Réduction de la Pauvreté (SDRP) pour une meilleure insertion du Niger dans le commerce régional et mondial. A cet effet, une Etude Diagnostique portant sur l’Intégration Commerciale (EDIC) a été réalisée en 2008 et couvre les secteurs du développement économiques et sociaux du Niger et a permis de préparer un programme sectoriel de développement du commerce qui s’articule au tour des axes ci-après : 
  • la création et le fonctionnement d’un cadre national de concertation ;
  • Le renforcement des capacités institutionnelles techniques et logistiques ;
  • le renforcement des infrastructures liées au commerce ;
  • l’amélioration des circuits intérieurs de commerce, spécialisation et construction des marchés modernes ;
  • la réalisation d’une étude pour l’élaboration d’une politique commerciale
II. SOUS-SECTEUR GOMME ARABIQUE AU NIGER 

2.1. Description du sous-secteur 

36. La gomme arabique, le seul produit d’exportation des forêts nigériennes, fait l'objet d'un commerce international depuis plusieurs décennies. Des tentatives d'organisation de la filière de la commercialisation de la gomme arabique ont été commencé dans les années 1960, notamment à travers une Société d'Etat, la Copro-Niger, qui a organisé la collecte et l'exportation du produit. Trois phases suivantes caractérisent le développement du secteur gommier au Niger : Il s’agit de : 

  • la période 1960 et 1980 au cours de laquelle la gomme arabique a considérablement contribué à l’économie nigérienne (2e produit d’exportation après l’arachide). Le Niger a été, pendant cette période, un des grands exportateurs de la gomme arabique avec le Soudan, le Sénégal, la Mauritanie et le Tchad. En 1979 par exemple, le Niger a exporté 2 610 tonnes (selon la Direction des statistiques et des Comptes Nationaux du Ministère du Plan) ;

  • la période 1980 et 1997 pendant laquelle l’exportation, et par conséquent, l’importance de la gomme arabique pour l’économie nigérienne, a considérablement chuté. En 1995, seulement 200 tonnes ont été officiellement exportées (selon la Direction des Statistiques et des Comptes Nationaux du Ministère du Plan), l’essentiel de la gomme étant traité par le secteur informel via le Nigeria, à cause de l’absence d’un circuit organisé de commercialisation de la gomme au Niger ;

  • la période 1998 à nos jours : la filière de la gomme arabique connaît un regain d'intérêt au plan international et le contexte de libéralisation de l'économie nationale offre une chance au développement de cette activité. La double fonction de protection et de production (fourrage et gomme) des principales espèces gommières incite de plus en plus de privés à investir dans la filière notamment au plan du développement de la ressource à travers la réalisation des plantations, mais aussi dans la commercialisation par la mise en place d'un réseau de collecte, de manutention et d'exportation de la gomme. Pour valablement relancer les activités de production et de la commercialisation de la gomme arabique au Niger, le Gouvernement, avec l’appui de la FAO, a été et fait adopté en Juillet 2003 une stratégie nationale de relance de la production et de la commercialisation de la gomme au Niger. 

2.2. Contribution dans l’économie nationale et l’amélioration des revenus des ménages 

37. La gomme arabique constitue un exemple remarquable des potentialités commerciales des produits forestiers non ligneux (PFNL). Le Niger exporte officiellement moins de 100 tonnes de gomme par an (estimation 2006) probablement inférieure à la réalité pour un marché mondial qui représente plus de 50.000 tonnes. Plus de 90% de cette production est constituée de gomme dure et moins de 10% de gomme de Combrétacées. La gomme arabique joue un rôle important en termes de diversification des revenus pour la population rurale les plus pauvres des zones de production. En effet, le revenu tiré de la commercialisation des produits forestiers non ligneux tels que la gomme arabique est estimé à près du tiers du revenu extra agricole des ménages rénaux. Les études (Claudine et Nourou, 2004 ; Maisharou et Nourou 2004 et années suivantes) conduites dans toutes les zones de production ont recensé plus de 9.000 personnes, principalement des femmes et des enfants (filles et garçons), qui exercent l’activité de cueillette de la gomme arabique. Le revenu des cueilleurs à plein temps est estimé entre 18.000 et 80.000 F.CFA, tandis que celui des commerçants intermédiaires varie entre 200.000 et 500.000 F.CFA ; soit respectivement 45 à 200 USD et 500 à 1250 USD. 38. En outre, la remontée des cours de la gomme arabique au niveau international durant les dix dernières années et une demande extérieure solvable a suscité l’émergence d’un secteur privé orienté vers la collecte et l’exportation de la gomme arabique. Cette filière qui se développe de plus en plus au Niger réaliserait un chiffre d’affaire de l’ordre de plusieurs millions de F.CFA. Ainsi, force est de constater que de plus en plus des propriétaires terriens, en particulier les fonctionnaires et les commerçants, investissent dans des plantations de gommiers. Aussi, dans les opérations de restauration des terres des projets et ONG et les programmes de reboisement de l’Etat en milieu rural, le choix des espèces à planter porte dans la majeure partie des cas sur Acacia senegal avec des objectifs de protection de l’environnement et de la production de la gomme arabique. 

2.3. Potentiel gommier du Niger 

3.3.1. Potentiel de la production de la gomme arabique 

39. La flore du Niger est composée de taxons tropicaux et saharo-sindiens à tous les niveaux de sa stratification verticale. Les formations forestières, groupées et isolées, estimées à 8 millions d’hectares, sont constituées essentiellement de ligneux et de graminées. Les espèces végétales qui colonisent ces formations présentent une valeur alimentaire, médicinale, scientifique culturelle et économique très importante pour les populations rurales. Les ressources en gommiers se rencontrent dans toutes les contrées du Niger. Plusieurs espèces gommières sont identifiées, à savoir : Acacia senegal, Acacia laeta, Acacia seyal, Combretum nigricans et Commiphora africana. La densité moyenne de l’Acacia senegal est d’environ 30 pieds/ha (bassin occidental) à plus de 200 pieds/ha (bassin oriental). Les formations de Acacia senegal évaluées sur environ 300 000 hectares produisent de la gomme arabique estimée entre 800 et 2 250 tonnes basée sur estimation d’une production essentiellement par exsudation naturelle d’Acacia senegal dans le bassin oriental, et d’une exsudation forcée (saignée d’Acacia senegal) ou naturelle (Acacia seyal) peu productive sur les glacis rocheux du bassin central (50 g par arbre) et une forte productivité (250 g par arbre) obtenue par saignée dans le bassin oriental. Les apports du bassin occidental estimés à 250 grammes en moyenne par arbre, par exsudation forcée, compte tenu de leur statut foncier et de la situation assez favorable de la plupart des plantations privées. 

40. La production et la commercialisation de la gomme arabique procurent des revenus monétaires appréciables à la population rurale. Cette activité qui est une vieille tradition dans certaines régions du Niger (Diffa et Zinder) a connu une baisse sensible dans les décennie 1990 à cause des variations climatiques (sécheresses), de la désorganisation de la filière (absence de structures de collecte et de crédits), des pratiques inappropriées de production. Aujourd’hui, force est de constater un regain d’intérêt de la filière gomme arabique au Niger qui se caractérise par une entrée massive du secteur privé dans la production et la commercialisation de la gomme. 

41. Le Niger est également producteur de la gomme des Combrétacées principalement issue de l’espèce Combretum nigricans surtout dans le bassin occidental qui englobe les régions de Dosso et de Tillabery au niveau de plusieurs forêts classées dont la superficie est estimée à plus de 800.000 hectares. Cette gomme fait l’objet d’un commerce très florissant au niveau de la Communauté Urbaine de Niamey, car elle connaît plusieurs utilisations locales et est l’objet même d’exportation dans les pays de l’Asie. 

42. D’une centaine de gommeraies, seulement quatre (région de Diffa et de Zinder) dans le bassin oriental du Niger ont fait l’objet d’aménagement par le Projet d’Aménagement des Forêts Naturelles (PAFN) financé par la BAD. Tout le reste des gommeraies sont seulement exploitées par les populations riveraines qui n’arrivent même pas à mobiliser toutes les exsudations naturelles produites chaque année, c’est-à-dire que les populations riveraines n’arrivent pas à cueillir toute la gomme arabique produite naturellement. 

3.3.2. Production et commercialisation de la gomme arabique au Niger 

43. La production de la gomme arabique est une vieille tradition dans beaucoup de régions du Niger, où les populations, depuis les temps immémoriaux s’adonnent à la cueillette de la gomme arabique pour la satisfaction des besoins locaux, mais aussi pour la vente. Il a fallu atteindre les années 2000 avec le programme de relance de la production et de la commercialisation de la gomme arabique au Niger pour voir l’introduction de la pratique de la saignée. Ainsi, plusieurs formations ont été organisées par l’Etat sous fonds propres et avec l’appui de la FAO. Les formations ont concerné d’abord les agents forestiers chargés d’encadrement des producteurs et se sont multipliées avec l’appui de certains projets pour intéresser les producteurs ruraux organisés en groupements/associations de gestion des gommeraies de leurs terroirs. Dans la même occasion, les populations rurales formées ont été équipées en outils de saignée et de récolte de la gomme arabique. 

44. Force est de reconnaître actuellement que la production de la gomme arabique de qualité a fortement augmentée, surtout avec l’émergence du centre de tri de la Société Achat Service Internationale (ASI) s.a des Frères Wonkoye qui devient de plus en plus exigeante dans l’achat de la gomme arabique. Mais beaucoup reste à faire dans la mobilisation de la gomme produite chaque année. Relativement à la qualité, il faut noter déjà qu’un premier tri de calibrage est effectué sur le terrain au niveau des producteurs et des commerçants intermédiaires qui ont bien compris que le prix de la gomme est lié à la grosseur des nodules. L’assolement et la manutention sont seulement effectués au niveau du seul centre de tri de Niamey. Il faut rappeler que dispositions sont entrain d’être prises par l’administration en charge des forêts pour la conduite de toutes les opérations de tri au niveau local en vue de maximiser la marge bénéficiaire des producteurs et réduire le travail au niveau du centre de tri. D’ores et déjà, la Société ASI est disposée à payer plus chère une gomme pure, propre et polymérisée. 

3.3.3. Commerce international de la gomme arabique 

3.3.3.1. Offre internationale de la gomme arabique 

45. L’offre mondiale de la gomme arabique est dominée par les pays producteurs d’Afrique et d’Asie. Dans la majorité des pays des producteurs, le Niger, les quantités de gomme arabique brute exportées, ne correspondent pas à la production actuelle de gomme arabique, car la quantité de gomme arabique consommée localement n’est pas incluse ainsi la production non exportée qui est stockée occasionnellement. En conséquence, les quantités enregistrées ne sont pas une mesure exacte de la production mondiale totale de gomme arabique. 

46. Entre 1998 et 2004, le Centre du Commerce International de Genève a relevé que la gomme arabique brute exportée d’Afrique a passé de 36 000 à plus de 50 000 tonnes, soit une hausse de 28 %. Cependant, très peu de pays producteurs (5 ou 6, et pas des plus importants) transmettent leurs données douanières. Le calcul des exportations se fait donc en « miroir » par une analyse détaillée des importations des pays ré-exportateurs ou consommateurs de gomme arabique. Aussi, il est bien établi qu'il existe des flux de gomme arabique aux frontières des pays producteurs, mais en l'absence de publications de la part des services douaniers concernés, il n'est pas possible d'en tenir compte dans les statistiques mondiales, afin de recalculer les contributions réelles de chaque pays vers le marché à l'exportation. 

47. Depuis quelques années, on constate néanmoins une simplification des flux, notamment au niveau du bassin du Lac Tchad, où la gomme arabique est exportée de plus en plus directement par chaque pays, notamment le Tchad et le Nigeria dont l'essentiel de la gomme arabique part maintenant FOB N'Djaména et FOB Lagos respectivement, ce qui réduit d'autant les flux qui sortaient par les pays voisins en prenant, au passage, l'origine douanière. Dans l’ensemble, trois pays (le Soudan, le Tchad et le Nigeria) représentent 95% de l'offre. Les huit (8) pays dont le Niger en représentent un peu plus de 4,5%, et une dizaine d'autres pays producteurs intervient marginalement sur cette offre avec tous ensemble moins de 0,5% avec des quantités d'environ 20 tonnes (soit un conteneur par an). 3.3.3.2. Importations de la gomme arabique 

48. Les années 1996 et 1997 ont été deux années charnières sur le marché à l'importation de la gomme arabique. Elles ont vu opérer l'effondrement des cours de la gomme dure qui, selon les sources de la Revue Marchés Tropicaux, ont perdu la moitié de leur valeur entre mars 1996 et mars 1998. Les importations de 1997, mais encore plus celles de 1998, confirment cette baisse des prix de la gomme arabique au niveau de 2000 dollars américain la tonne pour la gomme d’Acacia senegal. La tendance à la diminution des prix s’est poursuivie jusqu’à la fin de 1999 avec 1500 dollars par tonne FOB Port Soudan pour la gomme d’Acacia senegal et 800 dollars pour la gomme d’Acacia seyal. Cette tendance permet de repositionner la gomme arabique sur le marché des additifs alimentaires et la constitution de stock à un prix raisonnable. 

49. Pour la campagne 2004, il semble que cette tension sur les prix s’avère de plus en plus préoccupante. Les cours de la gomme dure, relativement bas depuis 3 à 4 années, sont peu motivants, et les producteurs ont, semble-t-il, hésité à saigner les acacias senegal en octobre 2003. Il en résulte des récoltes peu abondantes, liées aussi à un climat assez froid en novembre, décembre et janvier sur toute la zone de production, lequel a ralenti l’exsudation. Les prix FOB ont atteint, voire dépassé les 3.000 US$ par tonne en juin 2004 et l’on s’achemine vers une certaine pénurie de gomme arabique dure, non compensée par le stock tampon de la Gum Arabic Company (Soudan) qui est à son plus bas niveau depuis 10 ans. Actuellement, le prix FOB atteignent dans les 5.000 USD avec une forte demande non couverte, ce qui constitue une opportunité pour les autres pays producteurs émergents comme le Niger. 

50. L'essentiel des importations de gomme arabique se concentre sur cinq pays ou régions de l’Union Européenne (UE 15). Si l’on considère les importations directes de la Scandinavie, les 2/3 des importations mondiales de gomme brute sont localisées en Europe. Le Centre du Commerce International, à Genève a mis en évidence (surtout en 2002) que la France est, au niveau mondial, le premier des pays importateurs et re-exportateurs de gomme arabique. En effet, dans les dix dernières années, la France vient en tête avec plus de 40% du marché mondial à l’importation (gomme brute), suivie par le Royaume-Uni avec environ 10% du marché. L’Allemagne et l'Italie se partagent encore 10% de ce marché. Les Etats Unis d’Amérique, l'Inde et le Japon se partagent 25% de ce même marché. D’autres pays, comme les pays émergents de l’Europe de l’Est, d’Amérique du sud et d’Asie importent de plus en plus de gomme arabique. Le Tchad devient un partenaire important de ces pays émergents dans la consommation de gomme arabique. Il développe des relations commerciales avec plus de 12 pays, alors que le Soudan développe une relation commerciale avec à peu près 30 pays. Le Nigeria avec moins de dix pays partenaires reste un peu en retrait dans sa participation commerciale au marché mondial de la gomme arabique. 3.3.3.3. Statistiques de la production et de la commercialisation de la gomme arabique 

51. Le Niger, autrefois grand exportateur de la gomme arabique, quatrième producteur africain après le Soudan, le Sénégal et le Tchad dans les années 1965-1975, a vu sa production chutée à quelques centaines de tonnes ces dernières années telles que le reflète le tableau n°7 ci-dessous. 

52. Il ressort de ce tableau n°7 ci-dessus que la production et la commercialisation de la gomme arabique générèrent des revenus financiers importants aux populations riverains de ces gommeraies et tous les acteurs impliqués dans la filière. A titre d’exemple plus de 287 millions de FCFA seraient engrangé par les producteurs avec un prix très incitatif jamais égalé au cours de la campagne 2005/2006 causé par une forte demande en provenance du Nigeria et notamment la satisfaction des besoins de la tour d’atomisation de la famille DANGOTE à Kano (Nigeria). Au cours de la même période, les statistiques douanières rapportées par EDIC, 2008 font état de 72 tonnes exportées pour une valeur d’en peu plus de 14,5 millions FCFA. Dans tous les cas, il est très difficile de cerner avec précision les volumes exportés. En effet, il existe une disparité notoire entre les statistiques de la production et les statistiques des exportations. Ainsi, le volume officiellement exporté pour la période 2003/2004 est seulement de 43 tonnes (EDIC, 2008), alors que les statistiques sur la production font état de 200 tonnes commercialisées au cours de la même année (MAISHAROU et HASSANE, 2004). 

53. Le volume enregistré au niveau des services des douanes et rapporté par l’INS dans EDIC, 2008 ne représente qu’une part infime du volume réellement produit et exporté et dont l’essentiel de la production est traitée par le secteur informel via le Nigeria. Aussi, il faut également noter que les exportations officielles de la gomme du Niger transitent aussi par le port de Lagos et toutes la production de la gomme arabique du bassin oriental (Diffa et Zinder) est mobilisée par les commerçants nigérians et apparaissent ainsi dans les statistiques du Nigeria, le plaçant ainsi au rang du 3ème producteur de la gomme. La gomme arabique produite au Niger est aussi transformée en poudre sur place au Nigeria dans l’usine de DANSA FOOD à KANO où elle est soit directement incorporée dans les produits alimentaires ou re-exportée vers SPINDAL-AEB Group – un utilisateur final étranger. 

Tableau n°7 : Données sur la production et l’exportation de la gomme arabique au Niger Années 1998/99 2000 2001 2002/03 2003/04 2004/2005 2005/06 Statistiques Douanières (Tonnes) 162 80 2 58 43 42 72 Montant équivalents (x 000) 32 000 F 12 000 F 400 F 11 615 F 8 690 F 8 490 F 14 509,5 F Statistiques de production (Tonnes) - - 100 158 200 218 359 Prix au kg (fcfa) (niveau producteur) - - 200 F 250 F 300 F 800 F 1200 F Montant équivalents (x 000) - - 20 000 F 39 500 F 60 000 F 174 400 F 287 200 F Extrait de EDIC et Rapports d’enquêtes 

54. Il le rappeler que les statistiques sur la production ainsi que la valeur monétaires y afférente ont été rapportées par les études filières financées par les projets et programmes (PAFN, PPEAP, Opération Acacia, DAP/PNEDD, programme gommier) au cours des campagnes ci-dessous mentionnées qui ont permis d’avoir une idée sur la gomme arabique commercialisée sur les marchés hebdomadaires du Niger. Notons que ces données sont loin de la réalité dans la mesure où toute la gomme produite n’est pas nécessairement mise sur les marchés nigériens : la majorité des marchés hebdomadaires du Niger sont plus proches des marchés de certaines villes du Nigeria que des marchés hebdomadaires du Niger où les commerçants intermédiaires écoulent facilement leur marchandise. 

55. La collecte des statistiques fiables sur la production et la commercialisation de la gomme arabique ainsi que la détermination de la contribution de la filière gomme arabique sur les conditions de vie des producteurs sont tributaires à la mise en place d’un dispositif de collecte des données en la matière. La mise en place de ce dispositif requiert notamment l’installation des comptoirs gomme arabique au niveau des principaux marchés hebdomadaires déjà identifiés et le suivi régulier de ces marchés pendant la période de production qui dure six (6) mois chaque année. Il faut rappeler que ce dispositif de collecte des données sur la production et la commercialisation de la gomme arabique existe déjà et les marchés hebdomadaires à suivre régulièrement chaque campagne sont identifiés ; le plan et le coût estimatif de l’installation d’un comptoir (infrastructures, équipement et fonctionnement) sont réalisés et disponibles. Des efforts supplémentaires doivent être déployés dans le financement de ce dispositif. 

3.4. Contraintes de la filière gomme arabique au Niger 

56. Les contraintes de développement de la filière sont deux ordres : les contraintes liées à la production de la gomme arabique et les contraintes liées commercialisation. (Cf. Document de stratégie nationale, 2003). 

3.4.1. Contraintes liées à la production de la gomme 

57. Les contraintes relativement à la production de la gomme arabique au Niger sont entre autres : 

(i) les techniques de saignée agressives qui favorisent la dégénérescence des gommiers ; 

(ii) la concurrence avec les activités agricoles (défrichement) et pastorales (feux de brousse, surpâturage, coupe de fourrage, etc.); 

(iii) les défrichements liés à l’utilisation accrue du bois, 

(iv) la surexploitation de certaines zones faciles d’accès ; 

(v) l’insécurité par rapport au droit foncier et au droit d’exploitation des gommeraies due à la coexistence du droit coutumier, du droit islamique et du droit dit « moderne », d’où des conflits parfois violents; 

(vi) l’inaccessibilité de zones à fortes potentialités gommières du fait d’un manque d’infrastructures routières; 

(vii) un manque de points d’eau et l’insécurité qui sévit actuellement dans certaines zones de production. Il ne faut pas oublier que la perte et/ou la dégénération des forêts d'acacia en zone sahélienne conduit à une dégradation de la couverture végétale, à une augmentation de l'érosion éolienne et/ou hydrique pour terminer avec la désertisation du milieu. 

58. En résumé, la faible performance du secteur gommier relativement à la production de la gomme arabique au Niger observé ces dernières années découle d’un certain nombre de contraintes au nombre desquelles on note principalement : 

1. un mauvais état des ressources : l’état des gommiers s’est détérioré à cause des influences négatives naturelles et anthropiques. La sécheresse de 1973/74 a sévèrement décimé les peuplements naturels. En même temps, on peut observer le vieillissement des arbres, avec une mortalité en augmentation. La régénération naturelle est restée insuffisante pour compenser la mortalité des arbres. Les activités humaines, surtout les feux de brousse et le surpâturage ont également contribué au mauvais état des gommeraies ; 

2. une application inappropriée des technologies d’exploitation : on constate l’absence et/ou la non maîtrise des techniques de production (saignée, récolte, séchage, conditionnement et stockage) et de gradation (qualité) des gommes, conformément aux besoins du marché international ; 

3. des capacités institutionnelles insuffisantes : la relance de la filière gomme exige l’amélioration des capacités nationales en terme de connaissance de la ressource ; de la qualité du produit et de la mise en place d’un système d’information sur les marchés nationaux et internationaux de la gomme ; de la mobilisation des ressources humaines adéquates, y compris dans le domaine de la recherche. 

3.4.2. Contraintes liées à la commercialisation de la gomme 

59. Les contraintes liées à la commercialisation de la gomme arabique au Niger incluent : 

(i) la mauvaise qualité de gomme (pas propre, mélange de produits, mal séchée) ; 

(ii) l’absence d’une législation "gommière" fonctionnelle qui rend difficile la maîtrise de la filière ; 

(iii) le manque d’organisation des producteurs - qui limite leur marge bénéficiaire - 

(iv) le manque de moyens de transport et le mauvais suivi de la marchandise lors de sa manipulation (chargement de container dans les ports, etc.) qui influe sur la qualité du produit (degré d’humidité non conforme); 

(v) l’enclavement des zones de production et du pays tout entier qui rallonge et renchérit l’expédition du produit de la zone de production au centre de tri et le délai de fret très long (il faut environ un mois pour que la gomme nigérienne arrive en Europe, contre 20 jours pour le Nigeria et le Soudan). Enfin, un enjeu capital dans un pays comme le Niger où la filière est peu structurée, est d’être capable de fournir régulièrement de la gomme de qualité sur le marché international. Une incapacité à honorer les commandes contraint les importateurs à modifier leurs sources d’approvisionnement ou à délaisser la gomme au profit de produits chimiques de substitution moins onéreux. 

60. En résumé, les contraintes liées à la commercialisation de la gomme arabique sont entre autres : - l’enclavement et l’inaccessibilité de la majorité des zones de production : L’essentiel des ressources en gommiers sont localisées dans les zones marginales et enclavées du pays. Des zones soumises à un déficit alimentaire chronique et aux phénomènes récurrents de pauvreté et de désertification. Ces zones connaissent malheureusement le plus fort taux d’exode rural de longue durée des hommes, ce qui aggrave la situation de la frange vulnérable que sont les femmes et les enfants ; - le manque de crédit de commercialisation de la gomme arabique ; - le manque des infrastructures de commercialisation de la gomme (comptoirs gomme), ce qui limite lourdement la production des statistiques sur la production et sur la commercialisation de la gomme arabique; - la porosité de la frontière Nigérienne : En effet, le Niger partage plus de 500 km de frontière avec le Niger où se situe la grande majorité de la production de la gomme arabique qui rentre nuitamment au Nigeria à dos d’âne ou de chameau et rarement dans les véhicules pour être dans les marchés frontaliers et pour être finalement considérée comme la production Nigériane. 

61. Dans l’optique de relancer la filière gomme arabique au Niger, les efforts ont été consentis pour lever ces contraintes et permettre une participation plus accrue des ressources gommières dans le Produit Intérieur Brut (PIB) du Niger que le Ministère de l’Environnement et de la Lutte Contre la Désertification a élaboré et faire adopter en Juillet 2003 une stratégie de relance de la production et de la commercialisation de la gomme arabique au Niger dont les principaux axes sont les suivants : - la création d’emploi et l’augmentation des revenus par une production soutenue d’une gomme de qualité ; - le développement et la gestion durable des ressources gommières ; - l’organisation et le renforcement des capacités des acteurs de la filière. 

62. Pour concrétiser ces axes stratégiques, il a été identifié un certain nombre des actions prioritaires qui doivent être mises en œuvre avec une pleine implication et une responsabilisation accrue de tous les acteurs de la filière. En somme, pour durablement relancer la production et la commercialisation de la gomme arabique au Niger, la stratégie se propose d’agir au niveau de tous les maillons de la filière. 

IV. PERSPECTIVES 

La maîtrise des statistiques sur la production et la commercialisation de la gomme arabique et la détermination de la contribution du sous secteur gomme arabique à l’économie nationale, en générale, et dans la réduction de la pauvreté en milieu rural en particulier, nécessite la réalisation d’un certain nombre d’actions, notamment : 

* le suivi régulier du dispositif de collecte des données sur la production et la commercialisation de la gomme arabique mis en place depuis 2003/2004. Ce dispositif a identifié les marchés principaux et les marchés satellites à suivre et élaboré les méthodologies de collecte des données ; 

* le renforcement du potentiel de la production de la gomme à travers les travaux de récupération des terres et le reboisement avec les variétés plus productives et l’aménagement et la mise en valeur des gommeraies naturelles existantes ; 

* la redynamisation des organisations des producteurs existantes et la promotion de la commercialisation de la gomme arabique à travers la construction et l’équipement des comptoirs d’achat de gomme arabique dans les différentes zones de production afin de permettre, non seulement la maîtrise des statistiques de production de la gomme arabique, mais aussi de sécuriser et d’augmenter les revenus des populations rurales ; 

* le renforcement des capacités techniques et financières des organisations des filières gomme arabique à travers le financement des campagnes de commercialisation. En effet, l’existence de l’argent liquide localement et le principe de payer au comptant avec un prix moins spéculateur, permettraient aux cueilleurs de chercher la gomme dans la nature (car elle existe en abondance naturellement et seulement -20% de l’exsudat naturel est mobilisé chaque année) ; 

le renforcement de la qualité de la gomme arabique produite au Niger, à travers:

  • la formation, le recyclage et l’équipement des producteurs aux techniques modernes de production de la gomme ;
  • l’amélioration de la productivité des espèces gommières du Niger ;
  • la caractérisation des gommes et des résines ;
  • la normalisation de la gomme arabique du Niger par l’octroi de son label propre.

CONCLUSION ET SUGGESTIONS Il faut noter qu’il existe actuellement un regain d’intérêt dans la production et la commercialisation de la gomme arabique au Niger à tous les niveaux. Ainsi : - Au niveau international, la gomme arabique s’achète bien avec un prix très incitatif de plus de 5.000 USD la tonne. Le conflit au Darfour (Soudan) a considérablement influencé l’offre mondiale qui est actuellement évalué à 50.000 tonnes, alors que la demande mondiale est évaluée à plus de 100.000 tonnes. C’est dire qu’il existe un gap énorme à combler, ce qui du coup constitue une opportunité pour les tous les pays sahéliens producteurs de la gomme comme le Niger ; - Au niveau local, les campagnes de sensibilisation effectuées au plus haut niveau de l’Etat et l’adoption de la stratégie nationale de relance de la production et de la commercialisation de la gomme arabique au Niger en Juillet 2003 ont donné du tonus aux acteurs des filières gomme au Niger (producteurs locaux et aux commerçants exportateurs) qui réalisent actuellement la rentabilité de l’activité de la cueillette et de la vente de la gomme arabique, mais aussi la production et la commercialisation de la gomme arabique, comme attestées par l’existence de plusieurs producteurs privés qui investissent dans l’activité. Il existe au Niger plus de 100 producteurs privés qui totalisent plus de 50.000 hectares de plantations de gommiers ; - La production 2005/2006 est estimée à 359 tonnes. Cette production est en nette progression depuis le regain d’intérêt de l’activité orchestré par les plus hautes autorités du Niger. La production annuelle de gomme arabique varie d’une région à une autre et très souvent au sein d’une même région. A titre d’exemple, il a été estimé une production d’environ 100 tonnes en 2001; 158 tonnes en 2002/2003 ; 200 tonnes en 2003/2004 et 218 tonnes en 2004/2005. - Les acteurs des filières gomme arabique sont aussi nombreux que variés. Plus de 9.000 personnes ont été identifiées en 2003/2004 avec 35% des femmes, 15% des hommes et 50% des enfants (filles et garçons) ; plus de 100 commerçants intermédiaires ont été identifiés dans les différentes zones de production ; une seule Société, la Société Achat Service Internationale S.a assure l’exportation de la gomme arabique du Niger. D’autres commerçants exportateurs informels Nigérianes ont été également identifiés. - Les revenus tirés de l’activité sont importants selon la typologie des intervenants. Les cueilleurs réalisent un bénéfice annuel moyen de 35.000 F.CFA. Celui des commerçants intermédiaires varie entre 100.000 FCFA à 1.000.000 F.CFA. Les commerçants exportateurs réalisent un chiffre d’affaires de l’ordre de plusieurs millions de f.cfa.. Pour lever les contraintes qui assaillent le secteur et davantage maximiser les profits qu’offre la filière gomme arabique aux populations locales, il faudrait, à court et moyen termes : - inventorier de façon exhaustive et caractériser toutes les gommeraies du Niger ; - former les producteurs sur les techniques et technologies appropriées de production d’une gomme arabique de bonne qualité marchandes ; - organiser tous les acteurs de la filière gomme arabique ; - financer les activités de recherche sur les espèces productrices de la gomme arabique ; - désenclaver les zones de production et faciliter ainsi l’achat et le transport de la gomme arabique ; - appuyer les acteurs en crédits adéquats de commercialisation de la gomme arabique ; - créer les infrastructures de commercialisation de la gomme (comptoirs gomme), ce qui permettrait par ailleurs la maîtrise des statistiques de la production et de la commercialisation de la gomme arabique; BIBLIOGRAPHIE 1. 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MAISHAROU Abdou et Nourou HASSANE, 2005/2006: Suivi de la production et de la commercialisation de la gomme arabique au Niger. 7. République du Niger, Cabinet du Premier Ministre, « Rapport de synthèse de l’étude sur la vulnérabilité et adaptation aux changements climatiques : secteur élevage », par Mahamadou Saley, Secrétariat Exécutif/Conseil National de l’Environnement pour le Développement Durable/ Commission Nationale sur les Changements et Variables Climatiques; ProjNER/97/G33/B/1G/99 2002 (juillet). 8. République du Niger, Conseil national des Investisseurs Privés, « Comité Fiscalité », 26 novembre 2005 9. République du Niger, Institut National de la Statistique, « Statistiques du Commerce Extérieur ; Résultats définitifs 2001-2004, provisoire 2006 », 2006. 10. République du Niger, MDA, « Note de présentation de la requête pour le financement d’un programme de développement des exportations des produits agro-pastoraux et forestiers non-ligneux », Octobre, 2006. 11. 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Valiergue, L. « Fiche Projet NASPP (Project de plantation au Niger d’Acacia Sénégal)/PAC », Niamey, 29 Novembre 2006. 23. Wilcock, David, «Agricultural Marketing in Niger: Current Situation, Constraints, and Possible AEPRP Program Components », Development Alternatives, Inc. (DAI), Washington, DC. 1987.


Mr. Abdou Maisharou
Point Focal de NGARA
Ministere de l’Hydraulique et de L’Environement
Direction de L’Environment
Ingénieur des Eaux et forêts
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